Peu d’universités dans le monde se comparent à l’Université McGill sur le plan des réalisations en recherche médicale, tout particulièrement en cancérologie. Ces dernières années seulement, les chercheurs du Centre de recherche sur le cancer Goodman ont fait plusieurs découvertes déterminantes. En voici un aperçu.

Une équipe de recherche dirigée par Morag Park et Michael Hallett a découvert divers profils génétiques qui pourraient permettre d’identifier facilement les différents types de cancer du sein. En plus de fournir un autre outil d’identification aux pathologistes, cette découverte aidera les oncologues à choisir les types de traitement les plus efficaces dans chaque cas de cancer.

Dirigée par Gordon Shore et Philip Branton, une équipe de chercheurs du Centre a découvert un mécanisme particulier par lequel les cellules tumorales résistent aux traitements et ont mis au point un nouveau médicament – Obatoclax (GX15-070) – qui favorise la mort des cellules cancéreuses. Potentiellement efficace contre divers types de cancer, le médicament fait actuellement l’objet d’essais cliniques pour le traitement de la leucémie lymphoïde chronique de stade avancé et du cancer du poumon à petites cellules.

Des chercheurs travaillant avec Nahum Sonenberg et Russell Jones ont découvert qu’il est possible d’améliorer l’effet de certains traitements anticancéreux de façon spectaculaire en les combinant à des traitements particuliers contre les maladies métaboliques. Ils ont mis à l’essai un médicament – la metformine – qui améliore significativement les résultats des traitements anticancéreux. Des recherches en cours portent sur d’autres gènes liés à l’interaction entre les cellules cancéreuses et leurs sources d’énergie. Les maladies métaboliques comme l’obésité sont le deuxième facteur de risque du cancer, après le tabagisme.

Ayant découvert que les animaux dont le gène HD-PTP porte une délétion particulière finissent par développer un cancer du poumon, les chercheurs des laboratoires de Michel Tremblay et de Arnim Pause cherchent à déterminer si les tumeurs de patients atteints du cancer du poumon présentent cette même modification génétique.

Les chercheurs de l’équipe de Xiang-Jiao Yang explorent comment les signaux cellulaires régulent la modification de la chromatine, la transcription et d’autres activités dans le noyau de cellules souches normales et cancéreuses. Leurs résultats montrent que certaines enzymes – dont les histones acétyltransférases et les histones désacétylases – donnent lieu à de nouvelles formes de thérapies anticancéreuses qui sont activement évaluées dans de nombreux essais cliniques.

Il y a plus d’une décennie, l’équipe du laboratoire de Nahum Sonenberg a découvert que la protéine elF4e – lorsque phosphorylée – est un facteur important dans les cancers agressifs. Cette découverte a été corroborée par l’identification récente de cette protéine dans les cancers de la prostate, du sein et du côlon.

Près de 60 % des patients atteints de cancer développent une cachexie – ou syndrome de dépérissement ou de fonte musculaire – qui cause souvent une douloureuse inflammation. En créant des banques de sang et d’urine provenant de patients atteints d’un cancer diagnostiqué tardivement, une équipe de recherche dirigée par Imed Gallouzi et Jerry Pelletier travaille à identifier des marqueurs génétiques qui prédisent la cachexie, ce qui pourrait mener à la mise au point de traitements novateurs permettant de prolonger la vie des patients atteints de cancer et améliorer leur qualité de vie.

À l’aide de techniques de cartographie des traits complexes, Philippe Gros et Nicole Beauchemin ont identifié plusieurs gènes qui favorisent l’apparition du cancer du côlon chez l’humain. Puisque ces gènes causent également le cancer du côlon chez certains animaux, les chercheurs ont pu mettre à l’essai de nouvelles thérapies contre ce type de cancer.

Michel Tremblay et son équipe de chercheurs ont déterminé que le gène PTP1B est un facteur clé lié au diabète, à l’obésité, au cancer du sein et au cancer de la prostate. Cette découverte a mené à la mise au point d’inhibiteurs de PTP1B, maintenant soumis à des essais cliniques. Les essais ont atteint la phase 3 en ce qui a trait au diabète de type 2 et ont connu un succès semblable en ce qui a trait à l’obésité (phase 2) et au cancer (phase 1).

Le phénomène des métastases – un problème clé dans les cas de cancer du sein – est particulièrement grave lorsque les cellules cancéreuses atteignent les os. L’équipe du laboratoire de Peter Siegel travaille à identifier les molécules et les mécanismes qui permettent aux cellules du cancer du sein d’envahir les os. Les chercheurs ont identifié plusieurs régulateurs clés qui pourraient, dans un avenir rapproché, conduire à la mise au point de molécules ou d’agents biologiques permettant de prévenir l’invasion initiale des cellules cancéreuses.

Autres découvertes des chercheurs du CRCG :

• Clonage et caractérisation de gènes codant pour des transporteurs en cause dans l’acquisition d’une résistance multiple aux médicaments.
• Clonage et caractérisation du gène codant pour l’antigène carcinoembryonnaire (ACE), marqueur tumoral chez l’humain; découverte et élucidation des propriétés oncogènes.
• Démonstration de l’activité de suppression tumorale de la glycoprotéine biliaire (BGP).
• Isolement et caractérisation d’origines de réplication de l’ADN chez des mammifères.
• Identification de protéines Hox de vertébrés agissant comme activateurs de transcription.
• Caractérisation d’enzymes en cause dans la glycosylation des protéines.
• Identification du produit du gène suppresseur de tumeur WT1 comme répresseur de transcription en cause dans les tumeurs de Wilms chez les enfants.
• Identification et caractérisation de protéines en cause dans la régulation positive et négative de l’activation des lymphocytes T.
• Identification d’éléments traductionnels agissant comme oncogènes; gènes modulateurs impliqués dans la machinerie traductionnelle et le cancer.
• Éléments polycistroniques dans les ARN messagers d’eucaryotes {{IRES}}.
• Identification de nouvelles PTPases liées au cancer, au diabète, à l’obésité et à la régénération neuronale.
• Identification de facteurs inducteurs de l’apoptose indépendants de p53.