Rosalind Goodman : 1941 - 2014
Une philanthrope de cœur

« Il faut une incroyable persévérance et une passion sans borne. » C’est ainsi que Rosalind Goodman décrivait le travail des chercheurs du Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman (CRCG), mais elle aurait pu dire la même chose de son propre parcours. Le rôle de philanthrope allait comme un gant à Rosalind, qui a consacré la dernière partie de sa vie au financement de la recherche sur le cancer, au service de la santé et du mieux-être des générations à venir. Rares sont ceux qui s’investissent autant pour la cause.

La vie de Rosalind a été marquée au sceau de l’altruisme. Dès son plus jeune âge, la passion sans borne qui la poussait à se consacrer à des causes de première nécessité a suscité de nombreux émules. Fière diplômée de l’Université McGill, elle a participé activement aux initiatives mcgilloises qui lui tenaient à cœur, et sa famille a appuyé divers projets, non seulement au CRCG, mais également à la Faculté de droit, au Département d’oncologie et à l’École de musique Schulich. Aux côtés de son mari, Morris, elle a versé en 2008 une somme sans précédent en appui à la recherche sur le cancer au CRCG, renommé en leur honneur. Ce don monumental a tissé des liens fructueux et privilégiés entre les Goodman et les chercheurs, étudiants et employés du CRCG, une relation qui continue de s’épanouir encore aujourd’hui.

Reconnue pour son talent de rassembleuse, Rosalind a fait partie des visionnaires à l’origine des forums publics du CRCG, des événements extrêmement populaires visant à diffuser au plus grand nombre les dernières découvertes en matière de cancer et de mesures préventives. Fondées sur le principe du savoir comme source de pouvoir, ces séances fournissent de l’information qui contribue à sauver des vies. Rosalind était également la force motrice derrière le gala biennal du CRCG, qui a permis de recueillir plusieurs millions de dollars au profit de la recherche sur le cancer depuis sa première édition, en 2010.

Méticuleuse et organisée, Rosalind était l’incarnation parfaite de la « bénévole professionnelle ». Elle défendait sans relâche ses causes fétiches, tenant même à remercier chaque donateur du Centre par une lettre signée de sa main à l’encre verte, sa touche personnelle. Son incroyable persévérance lui a valu une admiration et un respect immenses parmi les McGillois et dans la communauté juive montréalaise, tant pour son leadership exceptionnel que pour son enthousiasme à toute épreuve. Elle a occupé des fonctions de premier plan entre autres au sein de l’Hôpital général juif, de la Fédération CJA, de la Congrégation Shaar Hashomayim, des Obligations de l’État d’Israël, de l’association Canadian Friends of the Israel Museum, de MAZON Canada, de la Bibliothèque publique juive et de United Jewish Communities. Elle a reçu de nombreuses distinctions prestigieuses soulignant ses réalisations, dont la médaille Samuel Bronfman, plus grand honneur décerné par la communauté juive, le prix Outstanding Volunteer de l’Association of Fundraising Professionals, ainsi qu’un doctorat honorifique de l’Université McGill.

La générosité de Rosalind se manifestait aussi au quotidien. En plus de donner volontiers de son temps et de son énergie, elle soulignait les occasions spéciales en offrant des cadeaux aux membres du personnel pour les remercier de leur travail. Elle égayait les réunions en proposant aux participants l’un de ses pains maison ou d’autres délicieuses gâteries. Sa passion culinaire a même inspiré la création d’un livre de recettes primé qui a servi à recueillir des fonds pour la recherche sur le cancer et à promouvoir les réalisations du CRCG. De nature enjouée, elle a également été à l’origine d’un clip dansant réalisé par l’équipe du Centre, qui a été très bien accueilli.

« Sans recherche fondamentale, on ne va nulle part. C’est une étape indispensable. » Mettant sa passion au service de l’avancement de la recherche, Rosalind était convaincue que l’acquisition de connaissances fondamentales était la voie à suivre pour vaincre le cancer. Tristement, la maladie qu’elle a combattue avec tant d’ardeur est aussi celle qui lui a coûté la vie, le 11 août 2014, au terme d’une lutte personnelle contre le cancer. Toujours altruiste, sa quête d’un remède contre le cancer était tournée vers les générations à venir : elle travaillait, disait-elle, « pour nos enfants et nos petits-enfants ». Pour encourager la générosité des donateurs, elle lançait la phrase suivante : « Nous ne demandons rien pour nous-mêmes; nous parlons au nom de ceux qui ne peuvent pas le faire. »

L’incroyable persévérance et la passion sans borne de Rosalind ont marqué tous ceux qui ont bénéficié de son esprit généreux, de son dévouement et de sa bienveillance. Elle nous a quittés, mais son héritage se perpétue par la création d’une bourse commémorative pour les étudiants aux cycles supérieurs, ainsi que l’Atrium Rosalind Goodman du CRCG, renommé en son honneur. Le parcours qu’elle a amorcé se poursuit également : l’extraordinaire soutien offert par sa famille porte ses fruits, comme en témoignent les exploits remarquables des équipes de recherche du Centre.
Sa motivation était claire, et sa conviction, inébranlable : « Gardons espoir qu’un jour, il y aura un remède contre cancer. »

Hommage à Rosalind Goodman